Diana al-hadid : un atelier d'architecture décomplexé, façonné par la terre
Dans le comté
de Columbia, au cœur du Val Hudson, Diana Al-Hadid et son mari, Jon Lott, ont conçu un studio qui défie les conventions architecturales. Un hommage à la ferme, une ode à la simplicité rurale, tout en conjuguant une rigueur technique et une sensibilité artistique singulières.Une collaboration intime, née des terrains
L'inspiration de ce nouveau sanctuaire, véritable extension de l'esprit de la créatrice, vient des bâtiments agricoles traditionnels. Des longère, des écuries, des structures robustes façonnées par le temps et la lumière. Un projet né d'une quête de refuge, d'une volonté de se reconnecter avec les racines.
L'acquisition de ce terrain de 30 acres en 2019 a été, selon Al-Hadid, le fruit d'une intuition, d'une « signe » matérialisée par la présence de parhelia, ces halos lumineux accompagnant les aurores boréales. Un événement rare et saisissant qui a scellé leur destin sur ce lieu.

Une architecture décalée, entre tradition et innovation
Lott, fondateur de Para Project et professeur associé à Harvard, a esquissé plusieurs propositions avant de s'imprégner de l'environnement. Le choix final d'un coin en retrait, bordé d'un plan d'eau, est dicté par le souhait d'une intimité maximale et d'une harmonie avec le paysage. Un espace où la lumière du soleil, filtrée par les arbres, crée des jeux d'ombre et de lumière captivants.
Le studio se distingue par sa structure pentagonale, une fusion audacieuse de deux bâtiments à colombages, un hommage aux formes vernaculaires. L'architecture d'Al-Hadid se caractérise par une attention méticuleuse aux détails, une volonté de créer un espace à la fois fonctionnel et esthétique. Les matériaux locaux – douglas et pin – apportent une touche de chaleur et d'authenticité.
L'aménagement intérieur, d'une superficie de 3 500 pieds carrés, est divisé en trois niveaux : un espace ouvert au rez-de-chaussée, un mezzanine dédié à la création et un loft privé, véritable auberge de montagne. Des entrées à différentes hauteurs, des fenêtres monumentales, une halle de chargement pour faciliter le transport des œuvres. Tout a été pensé pour répondre aux besoins spécifiques de l'artiste.
« C'est étrangement cosy, » confie Al-Hadid. « Un espace qui prend le temps de se révéler. »

Des imperfections intentionnelles, témoignages d'un processus créatif
Lott a conservé les traces de leur travail, les marques du chantier : une colonne supplémentaire, des variations de finition au sol. Des imperfections qui témoignent d'un processus créatif ouvert et spontané. Un dialogue constant entre l'architecte et l'artiste, une danse entre la vision et l'exécution.
L'aluminium oxydé du pin, le toit en acier galvanisé, les grandes baies vitrées, les efforts de durabilité – chaque choix a été mûrement réfléchi. Ce studio n'est pas seulement un lieu de travail, c'est une déclaration d'intention, une invitation à repenser l'architecture au service de l'Art et de l'humain.
