Paris : un appartement de 388 pieds carrés où le soleil dore sans fin
Au cœur de Paris, un écrin de 36 mètres carrés où le temps semble suspendu. Cet appartement, autrefois relique du mid-century modern, offre une expérience spatiale inédite. Le propriétaire, un Californien, a confié à l'architecte Lauranne Elise Schmitt la tâche de réimaginer cet espace intime, créant un refuge où la lumière dorée règne en maître.
Une fluidité surprenante
Loin des clichés des petits espaces parisiens, cet appartement s'étend comme les voitures d'un train de luxe. Les cloisons intérieures ont disparu, offrant une perspective continue baignée de lumière grâce à ses cinq fenêtres orientées au sud. Lauranne Elise Schmitt a eu une liberté créative totale, guidée par un désir de conjuguer le charme californien et la sophistication parisienne.
Le sol, recouvert d'un parquet noir à chevrons, constitue une déclaration forte. L'attention portée aux matériaux est omniprésente : des meubles en cuir chocolat évoquant Michel Ducaroy, un plafond en chêne miel assorti aux meubles de cuisine, et des touches d'or et de bronze qui réchauffent l'ensemble. La designer a même conçu un plateau pliante en chêne miel sous le plan de travail de la cuisine, transformable en bureau.

L'art de la lumière et des reflets
La lumière est l'ingrédient secret de cet intérieur. Les miroirs, notamment un panneau divisé en trois parties, agrandissent visuellement l'espace. Les portes vitrées à lamelles, qui séparent le salon du reste de l'appartement, permettent à la lumière de circuler même lorsqu'elles sont fermées. L'éclairage, lui aussi, est étudié : des spots diamantés intégrés au plafond en chêne apportent une touche Art déco, tandis qu'un lustre en verre Murano et des suspensions mid-century de Carl Fagerlund pour Orrefors diffusent une lumière chaleureuse.
Le dressing, dissimulé derrière des portes en bois laqué, révèle un espace fonctionnel et élégant, complété par un miroir pleine longueur et des coussins moelleux.

Un sanctuaire sensoriel
La salle de bain, revêtue de marbre Calacatta Selva aux nuances de blanc, beige et chocolat, se distingue par son luxe discret. Des carreaux en mosaïque bronze et noir, une vasque en bois de chêne laqué et une baignoire en marbre créent un espace de détente et de bien-être. Un bol en céramique de Lohana Saby ajoute une touche d'artisanat.
Schmitt, qui a collaboré avec des personnalités comme Christian Liaigre et Peter Marino, considère cet appartement comme une illustration de sa vision : celle d'espaces théâtraux où le design raconte une histoire. Son approche, qui allie fonctionnalité et esthétique, se confirme dans ses projets précédents, du hôtel de Londres à la maison normande. La designer ne semble pas s'arrêter là.
Ce n'est pas une simple rénovation, mais une véritable réinvention de l'espace de vie. La preuve, si nécessaire, qu'un petit appartement peut être un lieu d'une richesse et d'une élégance inattendues.
